Celle dont la dépouille en ce marbre est enclose Fut le digne sujet de mes saintes amours. Las ! depuis qu´elle y dort, jamais je ne repose, Et s´il faut en veillant que j´y songe toujours.
Ce fut une si rare et si parfaite chose Qu´on ne peut la dépeindre avec l´humain discours ; Elle passa pourtant de même qu´une rose, Et sa beauté plus vive eut des termes plus courts.
La Mort qui par mes pleurs ne fut point divertie Enleva de mes bras cette chère partie D´un agréable tout qu´avait fait l´amitié.
Mais, ô divin esprit qui gouvernais mon âme, La Parque n´a coupé notre fil qu´à moitié, Car je meurs en ta cendre et tu vis dans ma flamme.