Trois garçons qui maraudaient S´en allaient par la forêt. Le premier était un gueux, Le second un miséreux. Le troisième, qu´était boiteux,
Lui, jouait de la guimbarde.
Le plus grand allait devant, Le cadet allait suivant. Le boiteux, qu´allait traînant, Avait tout juste treize ans. Tout le matin ils marchèrent Dans les branches et la fougère. Aux abords d´une clairière, Soudain, tous trois s´arrêtèrent.
Trois garçons qui maraudaient S´en allaient par la forêt. Le premier était un gueux, Le second un miséreux. Le troisième, qu´était boiteux, Lui, jouait de la guimbarde.
Dans la lumière sereine, Entourée de marjolaines, Appuyée tout contre un chêne, Une enfant filait la laine. L´un lui donna des noisettes, L´autre un bouquet de violettes. Le boiteux lui dit : "Fillette, Que tu es donc mignonnette !"
Trois garçons qui maraudaient S´en allaient par la forêt. Le premier était un gueux, Le second un miséreux. Le troisième, qu´était boiteux, Lui, jouait de la guimbarde.
Soudain l´aîné s´approcha Et sa menotte lui vola.
La fillette s´affola, S´en fut courant vers le bois. C´est l´aîné qui l´égorgea, L´autre qui la violenta. Le boiteux, lui, s´échappa, Et sa guimbarde tomba.
Trois garçons qui maraudaient S´en allaient par la forêt. Le premier était un gueux, Le second un miséreux. Le troisième, qu´était boiteux, Lui, jouait de la guimbarde.
On raconte que, dans ce bois, À la lune, on voit parfois Le fantôme d´un gueux, Le fantôme d´un miséreux,
Le fantôme d´un boiteux Cherchant en vain sa guimbarde, Sa guimbarde, sa guimbarde.