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Artiste : Scylla & Furax Barbarossa
Titre : Mirages
J´ai vu de nouvelles Rome, des empires chuter
Des pigeons qui s´approchaient comme des aigles
J´ai vu des armées d´robots se sentir humaines
Des poussières d´âmes accrochées à leurs lèvres

J´ai vu deux immenses portes et des pirates venus d´ailleurs
Des drapeaux noirs qui fleurissaient au balcon
J´ai vu un peuple d´ogres, mais tous assis en tailleur, adossés à des cerisiers du Japon
Ce soir encore, j´ai recru voir s´enflammer mon encre
Des arènes en cendres, la nécrose des nations
J´ai entendu une voix qui me réclamait qu´on rentre
J´ai vu un homme, un enfant, une rose et un avion
J´ai cru voir de l´eau, j´ai cru la boire
Vider une bouteille entière et, de mes mains, la broyer
À la lueur de l´aube, j´ai entrevu l´espoir, j´ai cru rentrer chez moi, j´ai vu ma mère, les chiens aboyer
J´ai vu la lumière scintiller à l´envers, l´Sahara, et que ce décor incendié se traverse à la rame

Sans repère, ici, on erre, de quelle vallée parlais-tu ? J´ai vu des troupes de légionnaires avalées par les dunes
J´ai vu des cachalots, des orques au-d´ssus des palmiers
Des manchots faire la chasse à l´homme sur des baleiniers
Un capitaine douter, faire ses adieux devant une salle en mouvement
Puis tout a disparu comme mes aïeux sur sables mouvants

C´est vrai qu´on avait faim, c´est vrai qu´on avait soif
La folie pénétrait sous les visages
C´est vrai qu´on avait rien, qu´aucun ne marchait droit
Mais elles semblaient si réelles, toutes ces images

C´est vrai qu´on avait faim, c´est vrai qu´on avait foi
On n´a jamais vraiment pris d´âge
Comme dirait l´autre : "Quelquefois, il n´y a rien d´plus vrai qu´un mirage"
Quelquefois
Quelquefois
Il n´y a rien d´plus vrai qu´un mirage
Quelquefois

Combien d´fois j´ai r´vu nos madres, les silhouettes de nos douze ans
Ces deux immenses portes dans la cour des esprits libres
Combien d´fois j´me suis vu marcher sur une mer de sable en mouvement ?
Elle m´a forcé à sans cesse trouver l´équilibre

J´ai ai vu descendre de montagnes flottantes
Dans c´désert, j´ai cru voir la beauté suprême
Ce genre d´image qui semble venir tout droit d´un autre monde
Mais laisse l´impression d´avoir jamais rien vu de plus vrai
J´ai vu des marins perdus rester là, sans pouvoir décoller l´ancre
Plein d´verdure, et c´est là qu´j´ai cru voir des goélands
J´ai vu des gars, là, mal placés, priant à l´est, criant "à l´aide" quand la caravane passait
J´ai vu mes souvenirs d´école et de mon grenier gris
J´ai entendu revenir l´écho de mon premier cri
Et j´ai cru qu´j´avais séché tes larmes
En vrai, ces choses qu´on a décrites n´ont jamais été là

C´est vrai qu´on avait faim, qu´on avait soif
La folie pénétrait sous les visages
C´est vrai qu´on avait rien, qu´aucun ne marchait droit
Mais elles semblaient si réelles, toutes ces images
C´est vrai qu´on avait faim, qu´on avait foi
On n´a jamais vraiment pris d´âge
Comme dirait l´autre : "Quelquefois, il n´y a rien d´plus vrai qu´un mirage"
Quelquefois
Quelquefois
Il n´y a rien d´plus vrai qu´un mirage
Quelquefois