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Artiste : Scylla & Furax Barbarossa
Titre : Verre de sable
"J´lève mon verre", gros
Bouiiih, c´était chaud, ça
Shurik´n ?
Moi, j´l´ai saigné, c´titre, ouah, ouah, ouah, ouah

Moi aussi, trop, putain
Comment c´est comment c´truc, déjà ?
Y a un passage qui f´sait, euh
J´lève mon verre à l´homme, ou j´sais plus quoi, non ?
Euh
Son entrée, elle était folle

À tous ces gouvernements pourris, à tous leurs suicidés
Ouais, c´est ça, c´est ça, gros
À tous ceux qui sourient bêtement, à toi qui jettes les dés
Et même si, des fois, certains s´écrient : "Ça y est, c´est décidé, cette fois, j´le fais"
J´lève mon verre à ceux qui n´ont pas l´cul béni par les fées

À ceux qui y sont arrivés, ceux qui r´partent à zéro
À ceux qui s´font trahir, qu´on appelait "frérot"
Aux cœurs marginalisés, on n´parle pas de victimes, mais de ceux qu´assument d´être meilleurs que les autres aux postes latéraux
Aux héros sans nom, à ces poètes qui n´trouvent pas les mots
Qui, d´puis l´préau détestent les bruits d´clochettes ou le traîneau
Ceux qu´ont trouvés leur place, mais n´ont jamais su rentrer l´créneau
Aux chevaliers d´or des gémeaux
Ceux qui surprennent le ciel en train d´se regarder dans une flaque d´eau
Aux boîtes de Pandore, à tous les prochains Toruk Makto

Aux soi-disant peoples qui se racontent le vide entre eux
Qui bouffent des pâtes au thon Lidl, avec des pompes à huit cents eu´
Ceux et celles qu´ont toujours reçu l´second prix d´consolation
À ceux et celles qu´personne écoute, comme les consignes dans l´avion
À ceux et celles qui pensent le vide
Tous ceux qui pressentent le pire, mais qui ont la science de vivre
Qui savent rendre beau l´infiniment petit

Ouais, aux génies dans la boîte noire, aux génies dans la boîte noire
À tous les bateaux ivres, à tous les bateaux, ouais

J´lève le verre que j´rêverais d´avoir, tiens, j´lève mon verre
Mais tous ceux qu´j´ai sur moi sont vides, ouais, pff

Je lève mon verre aux seconds, ceux qui ne serrent pas la mâchoire
À ces quelques secondes qui me séparent de ma joie
Ceux qui allumeront le feu et se tiendront face à la hyène
À la santé de ceux qui ne le lèveront pas à la mienne
Je lève mon verre aux jaloux qui ont le sucre à casser
Aux frères dans la chaloupe, de plus en plus fracassée

À l´automne, à l´hiver, nan, maintenant, arrêtez
Pourquoi devrais-je lever mon verre au printemps à l´été ?
À ceux qui firent les mêmes prières, les mêmes qu´hier
À ces femmes qui sont restées d´pierre quand les mecs crièrent
Je lève mon verre à ceux qui perdirent la tête et vrillèrent
À ceux qui condamnèrent le silence et la traite négrière
À ceux qui m´appellent le "sang", mais ont les dents de Dracula
L´indécence, si tu l´as dans tes bras, tue-la
On crève les rêves à la file, et tous leurs empires le savent
Je lève mon verre à la vie, quitte à le remplir de sable (Ouais)

Du sable, du sable
Y a qu´ça ici, frérot, putain
T´as d´l´eau encore, là ?
Nan, rien du tout
J´en ai plus
Tu vois un soleil comme ça ? Une heure, gros, c´est fini

À tous les marcheurs du désert, à tous les mirages
À ceux qui ont laissé des bouts de leurs têtes dans tous les virages
Aux tempêtes de sable, à tous les verres qui se sont vidés
À ces duels au sabre, à tous les frères qui rest´ront fidèles

À tous les petits princes des villes, qui, a la cime, se perdent
Assis au pied des baobabs, aux branches et aux racines de pierre
À tous ceux qui disent "je t´aime", mais d´un timide signe de tête
Passent le reste d´leur foutue vie à niquer d´vant des films de guerre
Je lève mon verre aux oubliés, à ceux dont je n´ai pas le blase
Qui pourraient siéger dans un bout d´mon cœur, mais je n´ai pas de place
Aux rats morts qui annoncent la peste, avec un relent d´choléra
À tous ceux qui croient qu´on s´ra dead, à tous leurs pleurs intolérables
À ceux et celles que j´ai pu blesser, je n´étais plus moi-même que j´ai laissé quand j´étais pressé

Aux futurs qui s´amènent, à la tristesse des glorieux
Qu´est-ce qu´on peut faire, alors ?
Juste faire encore mieux, j´lève mon verre à l´Homme

Aux génies dans la boîte noire, aux génies dans la boîte noire
À tous les bateaux ivres, à tous les bateaux, ouais
J´lève le verre que j´rêverais d´avoir, j´lève mon verre
Mais tous ceux qu´j´ai sur moi sont vides, pff, ouais
On crève les rêves à la file, on crève les rêves à la file
Tous leurs empires le savent, ouais, tous

Je lève mon verre à la vie, j´lève mon verre
Quitte à le remplir de sable, yeah
Ouais, de sable
Aux génies dans la boîte noire, aux génies dans la boîte noire
À tous les bateaux ivres, à tous les bateaux, ouais
J´lève le verre que j´rêverais d´avoir, j´lève le verre
Mais tous ceux qu´j´ai sur moi sont vides, ouais
On crève les rêves à la file, on crève les rêves à la file
Tous leurs empires le savent, tous leurs empires
Je lève mon verre à la vie, j´lève mon verre
Quitte à le remplir de sable, ouais

Scylla, Scylla, té-ma
Fu´, Fu´
J´ai trouvé l´eau
Arrête, frérot, c´est bon
Suis ça
Ah ouais ?
Ouais, laisse tomber, laisse tomber
Écoute, permets-moi de lever à ta santé, alors
Ouah, Scylla ? Scylla ?