Mille fois je m´suis dit qu´il fallait qu´j´t´écrive cette lettre, mille fois T´imagines même pas tout c´que j´ai à dire dedans
Et l´pire, c´est qu´j´bloque, j´sais pas par où commencer Tellement prévisible
J´sais même pas pourquoi j´te parle, j´sais même pas pourquoi j´te crois J´t´écris ce soir, mais j´ai bien peur qu´aucun d´mes mots ne fasse le poids J´vois l´vent souffler dans les palmiers, le jour est sur l´déclin J´sais pas pourquoi, mais d´puis qu´j´suis p´tit, j´me demande de quoi le vide est plein J´te vois dans presque tous les visages, dans chaque être et dans chaque chose Une poussière qui danse, un nuage qui s´reflète dans une flaque d´eau J´t´ai crié : "Regarde-moi", mais je connais pas ton nom, ouais, j´étais aveuglé par ton ombre
J´sais même pas pourquoi j´te parle, j´sais même pas pourquoi j´te vois J´sais pas pourquoi, mais à ce stade, est-ce que l´on parle encore de choix ? Beaucoup d´entre eux m´traitent de borgne, de bâtard ou de faible D´puis c´fameux soir d´automne, je crois pas, je sais Beaucoup disent que tu n´es nulle part, mais t´ont-ils vraiment cherché ? Vous pouvez tous me traiter d´fou, de bâtard, de faible Depuis ce fameux jour, je crois pas, je sais J´sais qu´j´t´ai jamais vraiment vu, mais que tu as toujours été là Même quand j´leur disais qu´t´étais mort et que j´leur criais : "Aidez-moi" Pendant vingt ans, j´t´ai dénigré, et toi, t´es toujours resté près d´moi (Ouais)
Tu es l´unique et le seul vrai roi J´sais pas par où commencer, toute cette histoire remonte trop loin J´t´ai vu la première fois dans les yeux bleu nuit de ma mère Ça fait dix ans qu´elle t´a rejoint, depuis, c´est toi qui la remplaces T´es ma matrice, mon confident, le seul devant qui j´pleure à terre Aujourd´hui, ça fait vingt ans que j´suis sorti des limbes d´l´oubli Depuis, chaque jour, je te supplie de faire de moi ton simple outil Tu n´quittes plus aucun soupir, chaque jour, j´me retrouve cinq ou six fois l´front au sol pour que mon cœur n´ait plus jamais besoin d´sous-titres Merci pour ce que tu y as mis, c´qui fait qu´en moi, la maison vibre
Mes enfants, ma chère épouse, les miens, ma foi, la raison d´vivre Pardonne-moi si je chante trop souvent qu´j´ai mal au cœur Pardonne-moi d´être trop ingrat, pardon d´pas être à la hauteur Pourquoi d´puis qu´j´suis p´tit, j´ai b´soin d´m´immerger dans l´insondable ? Descendre dans l´abîme intérieur Besoin d´te chercher pour te donner mon âme, même si elle t´appartient déjà Qu´on m´demande pas pourquoi j´te parle, qu´on m´demande pas pourquoi j´te crois J´sais pas pourquoi, mais à ce stade, j´crois pas qu´on parle encore de choix Traitez-moi de fou, je vous parle de faits
Va falloir qu´j´me pose deux minutes, s´il vous plaît, ouais, pff, hmpf Va falloir qu´j´me pose deux minutes et que j´te parle C´est pas que, quand on a l´cœur à l´envers qu´on dit les choses Va falloir qu´j´me pose deux minutes, ici, quelque part Enfin, j´sais pas, paraît qu´faut taper sur le fer quand il est chaud Alors, la vérité, j´sais pas par quoi commencer J´vais t´livrer des faits, sans effet, pourquoi romancer ? J´pourrais t´raconter de tout, les aléas, les anciennes histoires, mais c´est tout, là, je vais aller à l´essentiel Je n´suis pas le meilleur, le plus croyant, ni d´ailleurs le plus voyant
Mais quand j´épouse le sol, j´oublie mes frayeurs, c´est foudroyant Tu sais, j´étais peut-être pas sans talent, mais doutant, sans allant C´genre de chien sans maître qui aboie tout en s´en allant J´vais pas t´mentir, j´ai écrit des chansons sur mon incertitude Quand l´azerty tue, y a deux, trois verres et deux, trois frères titubent La religion a pris des coups d´rancœur, des coups d´balayette Mais Amin m´a dit : "Frérot, écoute ton cœur, n´écoute pas les hyènes" Ah ouais, je l´ai cru, puis je t´ai cru, je te crois, ouais Ouais, j´te crois, c´est dans chaque rue que j´te croise
Pourquoi le vent va dans ce sens ? Pourquoi les arbres ? Pourquoi le sang, pourquoi les armes ? Putain J´ai eu besoin de toi, hier, dans ce virage, feux de détresse Quand la misère sous mon visage faisait des treize T´as versé sur ma terre combien d´tes verres de larmes ? Pourquoi je te casse la tête ? Je sens bien que j´t´emmerde, là Faudrait que j´te parle en silence, langage des signes Sur cette musique lancinante, j´en cache des "si" Et si j´avais fait ci et ça, si l´mal a laissé six messages C´est pour me dire qu´y a pas qu´mes mains, qu´ma poésie aussi est sale
Pardon, mais j´en ai vu s´toucher sur mes réf´ Hein, comme ton putain d´soleil se couchait sur mes rêves Désolé, je voulais pas juste te dire que sans aide, sans elle, je n´s´rais jamais sorti d´sous l´épave Alors, merci à toi de l´avoir mise sur mon trajet Merci à toi d´avoir fait d´elle l´étoile de mon ciel ombragé Je dis merci pour ma reine et, même si le guerrier souffre, je jure que j´la ferai s´marrer, ouais, jusqu´à mon dernier souffle Laisse-moi profiter d´ma douce fille avant de m´rappeler Laisse-moi la regarder kiffer ce petit être brillant Puisque maintenant tout se vide, maintenant, rattrape-les
Tous ces mots qu´j´ai lâchés ou j´assemblerai ces lettres en priant (Priant, priant, priant, priant, priant) Amin